Qui êtes-vous donc?

Je m’appelle Benjamin Saucy, trésorier de l’association des Anciens Elèves de Marie Curie. J’ai été au lycée de 2012 à 2015. Je suis actuellement ingénieur génie de l’eau et de l’environnement.
Quels sont vos souvenirs, vos impressions qui ont marqué votre passage à Marie Curie?
Lors de mon passage à Marie Curie, j’avais le sentiment d’avoir atteint un nouveau palier vers l’âge adulte. Le bâtiment, par son architecture et son cadre, me procurait le sentiment qu’il était temps de prendre en maturité. Il n’était plus l’heure du collège mais bel bien celui d’un prochain jeune adulte qui se doit, par conséquent, de continuer à apprendre et à développer ses outils futurs.
Ce fut un dépaysement total lorsque je suis arrivé en seconde. Le lycée était imposant, et pour me familiariser avec cet endroit qui allait devenir un de mes principaux lieux de vie de mes trois futures années, je tins à explorer au maximum le bâtiment, à me l’approprier, en comprendre la logique de numérotation des salles. Ceci, essentiellement, pour ne pas être perdu (bien que cela ne m’aie pas empêché d’être surpris par moment). C’est ainsi que l’on découvre des étrangetés architecturales : comme un étage inaccessible sans passer par une terrasse extérieure, mais aussi des objets dignes d’un cabinet de curiosité présentés dans de grandes armoires vitrés et simplement placés dans un escalier. Comment ne pas souhaiter flâner dans ces longs couloirs lumineux et décorés d’un sol de mosaïque tout en esquivant professeurs et surveillants. Écouter des cours au hasard en essayant de deviner le sujet de celui-ci. Ou bien simplement rêvasser face à l’une des nombreuses vues dégagées entourant le bâtiment.
La vie scolaire n’était pas en reste non plus, et je n’oublie pas le choc que vous procurent certains professeurs. Je pense par exemple à Monsieur Vareille (professeur de mathématiques), qui lors de son premier cours avec nous, avais commencé à écrire au tableau « L’ordre dans ℝ » sans échanger le moindre mot de présentation préalable. Sans rien dire, il venait de nous faire comprendre qu’il n’avait pas le temps pour autre chose qu’avancer sur le programme. Ou encore Monsieur Lebrun (professeur d’histoire-géographie) dont la sévérité impose là aussi un cadre indiquant qu’il est temps pour nous de passer à un autre niveau. Heureusement pour les élèves, tous ne sont pas aussi empreint de sévérité. La bienveillance de certains apporte énormément à l’intérêt pour une matière ainsi qu’au désir d’assister au cours.
Je me rappelle également que chaque nouvelle année était ainsi un nouveau palier à franchir. Les exigences allaient toujours plus loin, et elles finissaient très souvent par fortement dépasser le niveau attendu à l’échelle nationale. Avec le recul, je remercie cette politique du lycée qui offre une certaine aisance pour l’après BAC (bien qu’elle nécessite de ne pas partir en courant en voyant ses notes perdre jusqu’à cinq points en moyenne par rapport à l’année précédente).
Une anecdote?
Le dernier jour de cours de ma promotion fut placé sous le signe de la convivialité. Au contraire de la promotion de l’année précédente qui avait causé plusieurs dommages : dont notamment une vitre intérieure brisée et le bureau de Monsieur Lebrun renversé et ses documents de travail éparpillés en plein cours. Il faut dire que la proviseure de l’époque (Mme Potier) nous avait fortement « menacé » à la suite de cet évènement. Je crois même me souvenir qu’elle nous avait interdit toute célébration au sein de l’établissement. Ainsi, nous avions optés pour un stand de crêpe en pleine rue avec une rallonge gigantesque qui courait depuis la fenêtre du troisième étage d’un bâtiment au bout de la rue Constant Pilate en direction de la devanture du lycée où nous nous étions installés. Pour l’anecdote, même Mme Potier se laissa tenter par une crêpe. Aussi, je sais par d’anciens camarades que notre stratégie de séduction avait fonctionné et que nous avions réussi à rendre de nouveau possible la célébration de ce jour au sein des murs du lycée. Exactement comme je l’exprimais plus tôt, ce lycée vous donne envie de faire mieux, de penser à votre avenir et à ceux qui seront après vous afin de leur laisser un héritage au moins aussi beau que celui que vous avez reçu en entrant pour la première fois dans ce bâtiment.
Pourquoi avoir rejoint l’association?

Aujourd’hui je garde toujours l’héritage de Marie Curie dans ma vie personnel et professionnel. J’ai donc naturellement décidé de rejoindre l’amicale des anciens élèves afin de perpétuer cet héritage. Mais aussi, afin de pouvoir apporter mon expérience de l’après BAC aux lycéens actuels qui, d’après moi, sont assommés de décisions à prendre bien trop tôt quant à leur choix d’orientation. Il est nécessaire de dédramatiser les erreurs de parcours et de valoriser une réorientation mûrement réfléchis grâce à l’expérience acquise. Il est parfois difficile de rendre l’expérience des uns utiles aux autres. Mais je suis convaincu que les bons enseignements ressurgissent toujours au moment opportun.